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Mercredi 01 novembre 2006  |  Zürich

Mort violente 1300-1800

Traverse. Revue d'histoire suisse 2/2008

Publié le vendredi 14 juillet 2006 par Marin Dacos

Résumé

Bien que depuis les travaux de Philippe Ariès la mort ait été reconnue comme un objet d’histoire, la recherche historique ne s’est guère préoccupée du thème spécifique de la mort violente. Ce désintérêt paraît d’autant moins justifié que les relations d’une société avec le phénomène de la mort violente rendent compte de l’évolution de ses valeurs — que ce soit sur le plan de l’éthique, de la religion ou encore du rituel.

Annonce
Bien que depuis les travaux de Philippe Ariès la mort ait été reconnue comme un objet d’histoire, la recherche historique ne s’est guère préoccupée du thème spécifique de la mort violente. Ce désintérêt paraît d’autant moins justifié que les relations d’une société avec le phénomène de la mort violente rendent compte de l’évolution de ses valeurs — que ce soit sur le plan de l’éthique, de la religion ou encore du rituel. Ainsi, qu’est-ce qui, au juste, se laisse définir ou percevoir comme une mort violente ? Comment les sociétés vivent-elles l’ambivalence entre la répulsion et l’attirance pour les violences mortelles, violences qui ne se donnent pas seulement à voir dans nos médias modernes mais aussi dans ce « théâtre de l’effroi » pré-moderne qu’était l’exécution capitale ? C’est notamment autour de ces questions, ainsi que des résultats actuels de la recherche dans ce domaine, que voudrait s’articuler le prochain numéro de Traverse consacré à des thèmes tels que ceux la peine de mort, du décès sur le champ de bataille ou encore du suicide.



Le numéro projeté se veut interdisciplinaire, accueillant des contributions issues de la théologie, de l’histoire du droit et de la criminalité ou encore de l’histoire de la médecine, de l’histoire de l’art ou des études littéraires.
Trois thématiques principales devraient être au centre de ce numéro :

1) L’exécution capitale comme rituel de passage. On s’intéressera moins, ici, aux différentes formes que peut revêtir l’application de la peine. Il s’agira bien plutôt de s’interroger sur les fonctions magiques, purificatrices et libératrices du rituel de la peine capitale, de s’intéresser aux agents (bourreaux, juges, spectateurs) réunis par la mise en oeuvre du châtiment suprême, ainsi qu’aux objets censés participer, via l’application de la peine, au rétablissement rituel de l’ordre divin (corde, épée, dépouille du condamné) . Y a-t-il des récurrences sur ce terrain ? Comment évolue la « magie de la peine capitale » à travers le temps ? On ne se bornera pas, ici, à envisager le phénomène dans ses seuls aspects rituels : la position des théologiens sur la peine capitale, ainsi que les controverses juridiques sur sa légitimité seront également abordées.

2) La glorification de la mort violente. Au centre de cette deuxième thématique, on s’interrogera sur la mort du martyr d’une part et sur la « mort du héros » d’autre part ou, en d’autres termes, sur les changements intervenus dans la sublimation de la mort violente. Comment en arrive-t-on à glorifier le ou les morts ; quels facteurs historiques et anthropologiques, quels complexes discursifs jouent ici un rôle décisif ? Comment se représente-t-on la vie après trépas de ceux qui décèdent violemment, quelle est l’efficacité sociale des figures du martyr et du héros (tombe, commémoration de batailles, culture du cimetière) ?

3) Mort violente et morale. Cette troisième thématique doit proposer une discussion des réflexions contemporaines sur les tabous liés à la mort violente. Quelles furent les représentations sociales, éthiques et religieuses sur le suicide, la mort par massacre, le décès en bas âge, sur la mort infligée par la torture ou survenue suite à des traitements médicaux inappropriés ? Ce sont moins les statistiques criminelles ou démographiques qui devraient orienter ici le propos que les changements de valeurs intervenus tout au long de la période étudiée.
Nous voudrions que les thématiques évoquées plus haut soient traitées dans une perspective historique multidisciplinaire. Sont particulièrement souhaitées les contributions touchant à l’histoire médiévale et moderne, ainsi qui les analyses multipériodiques sur la longue et moyenne durée. Les contributions seront rédigées en allemand, français, italien ou en anglais.

Un résumé d’une page doit être envoyé aux deux éditeurs responsables d’ici au 1er novembre 2006.
Responsables du cahier thématique

Dr. Michael Jucker (Universität Münster) jucker@uni-muenster.de, Prof. Dr. Francisca Loetz (Universität Zürich) f.loetz@hist.unizh.ch


Lieu
  • Zürich
Date limite
  • mercredi 01 novembre 2006
Contact
  • Michael Jucker /Francisca Loetz
    Dr. Michael Jucker
    Universität Münster
    SFB 496 A9
    Salzstr. 41
    48143 Münster
    jucker@uni-muenster.de
    Allemagne

    Prof. Dr. Francisca Loetz
    Universität Zurich
    Historisches Seminar
    Karl-Schmid-Strasse 4
    CH-8006 Zürich
    Suisse
    f.loetz@hist.unizh.c
Source de l'information
  • Michael Jucker
    courriel : jucker (at) uni-muenster [point] de

Pour citer cette annonce

« Mort violente 1300-1800 », Appel à contribution, Calenda, publié le vendredi 14 juillet 2006, http://calenda.revues.org/nouvelle7097.html


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